Ariane 5 : Un nouveau lanceur

 

Ariane 5, naissance d’un nouveau lanceur

Ariane 5

Ariane 5 - Crédit : CNES/ESA/Arianespace

 

 

Officiellement, c’est le 31 janvier 1985 qu’est prise la décision de construire Ariane 5, une nouvelle fusée européenne, avant même le premier vol d’Ariane 4. Le programme est dirigé par l’ESA, sa réalisation est quant à elle assurée par le CNES.

Initialement ce lanceur a été conçu pour placer en orbite des charges utiles lourdes, des gros satellites en orbite basse ou encore la navette spatiale européenne Hermes qui a vu son projet malheureusement abandonné il y a quelques années.

Les pays contributeurs d’ Ariane 5 sont la France (46,2 %), l’Allemagne (22 %), l’Italie (15 %) et la Belgique (6 %), ensuite l’Espagne, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse participent à hauteur de 1 et 2 %.

 

Caractéristiques techniques d’Ariane 5 :

 

  • Hauteur comprise entre 47 et 52 mètres ;
  • Masse d’environ 750 tonnes au décollage ;
  • Diamètre : environ 5,40 m ;
  • Carburant embarqué :
    • Propulseurs d’appoint (EAP) contenant 480 tonnes de propergol solide (poudre) répartis dans les deux Étages d’accélération à poudre. Les EAP consomment chacun 2 tonnes de poudre par seconde pendant environ deux minutes. Ils présentent un avantage indéniable de par leur poussée colossale, en revanche, une fois allumé, on ne peut pas les stopper en cas d’incidents techniques. Les boosters fournissent 90 % de la poussée d’Ariane 5 au décollage !
    • Étage principal cryogénique (EPC) : 220 tonnes d’ergols liquides (hydrogène et oxygène), que l’on rempli peu avant le décollage, ainsi le très performant moteur Vulcain fournit les 10 % de poussée restants au décollage.
    • La turbopompe à hydrogène du moteur cryogénique Vulcain tourne à 30 000 tr/min
    • Un jeu de plusieurs coiffes est disponible suivant la configuration du lancement, le nombre de satellites et leur encombrement.

Grâce à ses moteurs, Ariane 5 offre des performances impressionnantes :

  • La fusée atteint une vitesse supérieure à 8 000 km/h seulement deux minutes après le décollage ;
  • La vitesse à la séparation de la charge utile en géostationnaire est de 10 km/s ;
  • La vitesse maximale à la séparation de l’EPS (ESC) est de 17,3 km/s (ECA).

 

Ariane 5 n’utilise pas la même rampe de lancement que ses prédécesseurs, les installations du CSG (Centre spatial guyanais) ont été modifiées. Le pas de tir du nouveau lanceur lourd européen est beaucoup plus conséquent,  plusieurs bâtiments permettant l’assemblage des propulseurs d’appoint, de la fusée ainsi qu’une structure permettant de préparer plusieurs satellites en parallèle est également construit. Tous ces blocs sont reliés par  une double voie ferrée sur laquelle circulent le lanceur Ariane 5 et ses éléments. La nouvelle aire de lancement et ses installations ont été baptisé ELA-3.

 

Ariane 5, la référence mondiale du marché des lanceurs

 

Ariane 5 navigue de succès en succès, malgré des débuts hésitants, une fois le calibrage effectué, les missions se sont succédées, parfois à des rythmes herculéens. Son bilan est spectaculaire : 

– Plus de 60 vols dont 46 réussis consécutivement ! (septembre 2011)

– Une capacité de plus de 10 tonnes en orbite géostationnaire (GTO), le double en orbite basse, Ariane 5 enchaîne les missions diverses en accomplissant à la fois son rôle de leader commercial dans le marché mondial des satellites de télécommunications, mais également en terme de mission scientifique et de coopération internationale en livrant par exemple l’ATV Johannes Kepler à la Station spatiale internationale.

– Un lanceur évolutif, à l’instar de son prédécesseur, le lanceur Ariane 4. D’Ariane 5 G à Ariane 5 ECA, plusieurs versions ont été utilisées pour accomplir ses missions. Actuellement, c’est la version Ariane 5 ECA qui est utilisée (depuis 2009). Une nouvelle version est à l’étude, Ariane 5 ME (Midlife Evolution). Celle-ci permettrait de lancer jusqu’à 12 tonnes en orbite de transfert géostationnaire (GTO), grâce à un nouvel étage supérieur cryotechnique et réallumable qui utilisera le nouveau moteur Vinci développé par Snecma (France), Astrium (Allemagne), Technospace Aero (Belgique), Volvo Aero Corporation (Suède) et Fiat Avio (Italie).

Le moteur Vinci sera réallumable en vol contrairement à son prédécesseur le moteur HM-7B, optimisant ainsi la capacité d’Ariane 5 et de rester en tête jusqu’à environ 2020, en attendant Ariane 6.

 

 

Sommaire :

 

  1. Arianespace : Présentation
  2. Ariane 1 : Premier lanceur de la gamme Ariane
  3. Ariane 2 et 3 : évolutions d’Ariane 1
  4. Ariane 4 : Un aboutissement 
  5. Ariane 5 : Une nouvelle ère <
  6. Soyuz et Vega complètent la gamme Arianespace
  7. Ariane 6 : La relève technologique
  8. Le Centre Spatial Guyanais



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