Les plus anciens matelas connus dans des abris rocheux sud-africains

Les premiers hommes en Afrique du Sud se fabriquaient des matelas à partir de plantes locales il y a au moins 77 000 ans révèle une nouvelle étude.

 Sibudu

Grotte de Sibudu - Credit: Prof. Lyn Wadley

 

Certaines de ces plantes ont pu apporter une protection contre les moustiques et d’autres insectes estiment les auteurs de ce travail. Un aspect important de la culture et du comportement humain est la modification de l’espace de vie, dont celui réservé au sommeil. Les plus vieux matelas sont vieux d’environ 77 000 ans, ce qui les rend contemporains d’autres traces de comportement humain « moderne » telles que l’utilisation de perles de coquillage, l’art rupestre et une technique lithique innovante. Les matelas, découverts dans l’abri rocheux de Sibudu, sont plus âgés d’environ 50 000 ans que d’autres exemples connus de couches végétales. Dans leur étude, Lyn Wadley et ses collègues d’Afrique du Sud, d’Allemagne et des États-Unis décrivent de nombreuses bandes minces d’herbes compactées ou d’autres plantes à feuilles empilées en couches dans les sédiments du site de Sibudu. Ces séquences de trois mètres d’épaisseur correspondent à une période allant de 38 000 à 77 000 ans en arrière et indiquent que les hommes ont régulièrement fabriqué de tels matelas à partir de végétaux. Ces dépôts compactés ont pu aussi servir de surface de travail. Débutant il y a environ 73 000 ans, les habitants du site brûlaient périodiquement leur litière, peut-être pour se débarrasser des bêtes ou de détritus. Beaucoup de restes végétaux appartiennent aux espèces de Cryptocarya, un genre largement utilisé en médecine traditionnelle.




L’une des plantes les plus fréquentes dans ces anciennes litières est Cryptocarya woodii, dont l’écrasement des feuilles émet des substances repoussant les insectes. La litière pouvait ainsi présenter un certain niveau de contrôle des parasites. Les chercheurs ont aussi découvert que l’empilement des couches devenait plus dense après environ 58 000 ans, ce qui suggère une augmentation de la population locale.

 

 

Source : Natasha Pinol – AAAS

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